Je ne suis pas un auteur jeunesse

Category: Livres,Romans et littérature,Biographies

Je ne suis pas un auteur jeunesse Details

Je m'appelle Vincent, Vincent Cuvellier, j'ai 46 ans, je suis le papa d'un petit garçon, je suis écrivain, et le général a raison, je suis quand même un peu un sacré branleur. Oui, j'ai dit écrivain, je n'ai pas dit auteur jeunesse. Pourquoi je ne dis pas auteur jeunesse ? Ben, je sais pas, je ne connais pas ce métier, je ne sais pas ce que c'est, auteur jeunesse, pour moi ça ne veut rien dire... écrivain, ça a plus de gueule. Auteur jeunesse, je sais pas, c'est un peu cucul la praline à dire... comme si, parce qu'on écrit pour les gamins, on n'assumait pas complètement la dimension artistique du métier. Genre, on serait des auteurs, ça suffit, pour les mômes, c'est bien bon. Pour moi, c'est simple : je fais des livres, j'écris, donc, je suis écrivain. J'imagine un musicien qui ferait des disques pour enfants et qui dirait «je suis compositeur jeunesse».

Reviews

Ce livre est un objet littéraire non identifié : récit autobiographique publié chez Gallimard Jeunesse Giboulées mais qui plaira avant tout aux grands, Vincent Cuvellier raconte son parcours d??écrivain depuis l??âge de ses 17 ans, ses galères, son idée d??une littérature pour la jeunesse. Il dialogue avec les morts en convoquant le Général de Gaulle, Claude François, Lino Ventura, ajoutant ainsi recul et humour à son propos.Il nous embarque avec lui dans les coulisses des salons du livre et des rencontres scolaires (à bien y regarder les « auteurs jeunesse » sont avant tout payés par des fonds publics, ?ducation Nationale et bibliothèques territoriales) et on ne manque pas de sourire à la justesse des propos.Il ne théorise pas mais lance quelques bonnes pistes : la médiation de la littérature jeunesse, confiée aux prescripteurs (auxquels la bibliothécaire que je suis appartient), et celle de la littérature générale valorisée par les attachés de presse et les médias ; la théorie d??une littérature jeunesse à deux branches en France, celle du Petit Prince, et celle du Petit Nicolas, il se sent bien plus proche de la seconde évidemment.A lire juste pour le plaisir, parce que j??aime la simplicité du propos (dans son expression, pas dans son fonds, plus sérieux qu??il n??en a l??air !), l??humour, la sincérité, le style qui fait que c??est du Cuvellier, proche et un peu impertinent, drôle et familier.A rapprocher du très beau « Mon fils » publié en même temps, illustré par Delphine Perret, un bel album poétique sur la relation père-fils.Les deux sont un peu « bruts » dans l??objet, du blanc, du carton non pelliculé ni glacé, du trait noir pour les dessins, des aplats de couleur pour "mon fils", des choix qui renforcent l??intensité du texte.